September 2019

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Le bleu, ses significations au fil du temps

blueLe bleu est la couleur préférée des européens, que cela soit pour les hommes et les femmes, selon les générations ou le milieu social. Cela peut s’expliquer par le fait que cette couleur a beaucoup plus de significations positives que négatives. En effet, le bleu représente le rêve, la sagesse, la vérité, la loyauté et la fraîcheur. Elle est utilisée négativement pour parler de mélancolie avec comme exemple l’expression “avoir le blues” ou pour critiquer la noblesse auparavant en utilisant le terme “le sang bleu”. 

Le bleu et son histoire

Longtemps, la couleur bleue n’a pas eu de qualificatif dans de nombreuses cultures, elle ne faisait donc pas partie de la conscience collective. Malgré l’omniprésence de cette couleur autour de nous, que ce soit la mer, les rivières ou le ciel, le bleu est quasiment inexistant dans la faune et la flore et le pigment est donc difficile à reproduire. Ainsi, le ciel pouvait autrefois être qualifié de gris ou de blanc et la mer de “bordeaux foncé”. C’est pourquoi suite à cette appellation de la couleur de la mer dans l’Odyssée d’Homère qu’un intellectuel anglais s’interrogea et décida de pousser des recherches afin de donner un nom à cette teinte.

Les Égyptiens étaient les premiers à avoir donné un mot au “bleu” puisque ce fût les précurseurs à en reproduire la pigmentation. Cette teinte était la plus chère à l’achat et de par sa rareté qu’elle a été très rapidement assimilé à la couleur de la royauté, de la spiritualité et du pouvoir. C’est grâce aux échanges réalisées avec l’Egypte que le pigment bleu se fait connaître des autres cultures qui décidèrent de l’ajouter dans leur lexique. 

Le bleu s’est ensuite démocratisé pendant la période de l’industrialisation du fait d’une production de plus en plus intensive du pigment qui devenait ainsi de moins en moins cher. Et c’est bien grâce à cela que désormais presque tous les occidentaux ont un “blue jeans” dans leur garde robe. 

La couleur bleue dans le monde

Le bleu a de nombreuses significations à travers le monde mais reste la couleur la plus connotée positivement dans le monde étant généralement associée à des émotions positives.
En Occident, le bleu représente la masculinité et est généralement utilisé pour les jouets ou vêtements des garçons en opposition à la couleur rose pour les filles. Cette séparation des couleurs n’est venu que dans les débuts du 20e siècle. Avant cette date, les enfants étaient habillés en blanc car la couleur était la plus simple à nettoyer.
En opposition à l’Occident, en Chine, le bleu est associé aux filles et le noir est associé à la virilité. Cependant, le bleu n’a pas la même importance étant considéré comme une couleur secondaire, un dérivé du vert. Il peut aussi être utilisé pour représenter les classes inférieures étant le vêtement de travail des ouvriers et des travailleurs agricoles.
Pour les hindouistes, le bleu est une couleur représentant la force, c’est pourquoi nous pouvons le retrouver sur la peau des dieux puissants. De plus, le Krishna est de cette couleur représentant l’amour et la joie divine.
Le bleu peut également symboliser la guérison et la protection. Dans certains pays tels que la Grèce, la Turquie, l’Afghanistan ou encore l’Iran, on utilise des amulettes bleus afin d’être protégé contre le mauvais œil.
Enfin, dans certaines tribus Cherokees, le bleu a une signification négative étant l’allégorie de la défaite. 

Le bleu, dans la communication visuelle

Dans la publicité et la communication commerciale, le bleu se retrouve principalement dans le domaine de la technologie, de l’informatique et de l’aéronautique; dans le secteur du voyage et de l’évasion, pour mettre en avant un côté corporatif et pour les produits frais et congelés. 

Le bleu, dans l’art 

Les significations de cette couleur sont tellement multiples qu’il est possible de les retrouver dans de nombreuses œuvres.
Il était prédominant dans de nombreux tableaux des artistes surréalistes du 20e siècle tel que René Magritte qui l’utilisait pour symboliser l’inconscience et le rêve.
Pour les romantiques, cette couleur permettait de véhiculer la mélancolie, retrouvable dans Le Voyageur contemplant une mer de nuages de Gaspar David Friedrich.
A l’aube des temps modernes, la mer a pris la couleur bleue sur les peintures, étant considérée comme verte conventionnellement jusque là. On peut donc retrouver ces horizons lointains dans certaines œuvres de Nicolas De Stael ou Joan Mitchell. David Hockney s’essaya à photographier l’eau avec ses célèbres photographies déclinées à l’infini de piscines.
Parmi les tableaux très populaires avec une prédominance de bleu, il est important de mentionner Nu Bleu d’Henri Matisse et Arbres Bleus de Paul Gauguin.
Impossible enfin de parler de cette couleur, sans évoquer le blues, musique inventée dans les champs de coton aux Etats-Unis par les esclaves. Le blues tient son nom de l’expression “the blue devils” qui signifie avoir des idées noires. B.B. King et Robert Johnson en sont les figures de proue.

 

Florian Didier

MKW, l’odyssée des coeurs sauvages

MKWAvec leur humour singulier et leur bonne humeur, le duo de MKW: Wild et Mason te raconte leur rencontre, leur nouvelle musique qui se nomme… MAD et qui est une réelle hymne à l’inclusion. Ils expliquent également la scène niçoise ainsi que leur surnom “l’odyssée des cœurs sauvages”.

Hello MKW, pouvez-vous vous présenter rapidement ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?

MKW c’est l’alliance de nos deux univers blues & soul pour Mason et pop pour Wild, le tout dans une atmosphère électro.

(Wild) Je trouve ça assez difficile d’identifier quels groupes influencent notre style, surtout quand je ne peux pas me résoudre à nous catégoriser dans un style spécifique 🙂  Personnellement je m’inspire de Sublime pour les good vibes, Arctic Monkeys pour leurs textes, Hyphen Hyphen pour l’énergie ou encore Lana Del Rey pour l’ambiance atmosphérique (certainement due à l’utilisation de la reverb que j’affectionne aussi).

Ado, je composais dans un style folk/pop sur une simple guitare acoustique ou mon ukulele. La musique était encore à ce moment là un rêve de jeunesse. Après plusieurs années d’études, des diplômes et 2 ans dans la vie active, j’ai compris que si j’ai trouvé le passage à l’âge adulte difficile, c’est parce qu’il ne tenait qu’à moi de changer des rêves de gamine en projets de vie. Motivée comme jaja, je me suis mise à chercher sérieusement un guitariste pour enregistrer en studio mes compositions.

Il y a presque 3 ans, en voyage dans l’East Side de Berlin, un soir j’avais un délire de suivre des étrangers qui m’inspiraient jusqu’à trouver un endroit où je veuille passer la soirée. Je suis arrivée dans un bâtiment désaffecté, couleurs vives, projos dans tous les sens, basses qui tapent, des mecs qui se font tatouer dans un coin, d’autre qui font du body painting, tags live sur les murs etc. Univers complètement perché mais pas trop quand t’es déjà à 3 grammes. Là je tombe sur un type avec des yeux qui transpercent, genre les lentilles qu’on met pour Halloween. Il était norvégien je crois. Pantalon bleu ciel en lin comme ses yeux, torse poil, pieds nu, il me fixe, je suis hyper intriguée. Là le mec me dit qu’il m’a choisie pour jouer un rôle dans sa vie, enfin plutôt dans sa soirée. Ce grand viking veut que je donne une petite pilule rose à un mec brun type sicilien à quelques mètres de nous. Je trouve ça chelou, dans mes souvenirs sous md on aime tout le monde, mais je capte vite que le sicilien préfère clairement les petites nanas typées aux yeux clairs au grand viking. On sympathise rapidement et il lâche ses potes John (Mayer) et Nekfeu pour passer la soirée avec moi. Ce mec là porte le même prénom que mon frère, Lilian. C’est aujourd’hui mon colloc, meilleur pote, binôme, guitariste aussi connu sous le nom de Mason.

(Mason) J’ai commencé la guitare lorsque j’avais 16 ans : à l’époque j’écoutais déjà les Beatles et Elvis, mais j’étais à l’apogée de ma période Rap Us, avec 2Pac et 50 Cent en tête de liste…un jour j’arrive chez mon père qui regardait un live de Roger Waters (Pink Floyd pour les incultes hahaha) à Berlin en 1990 je crois, c’est Cindy Lauper qui chantait sur Another Brick In The Wall, c’est vous dire le concert improbable ! Bref, le solo de guitare de cette version live dure environ 4 minutes, duel épique entre une Fender Stratocaster et une Gibson Lespaul ! La grosse claque… Un mois plus tard j’avais la copie d’une Strat’ entre les mains, et je j’apprenais mes premiers accords. Je n’ai jamais lâché l’affaire avec ces bouts de bois ! C’est pour moi un instrument extrêmement exigeant, qui demande beaucoup de travail, mais à la fois très expressif et vivant. J’ai eu la chance d’intégrer un groupe au bout d’un an de pratique acharné, en tant que soliste, et c’est là que je me suis “fait” les doigts. J’ai eu quelques autres formations par la suite mais rien de sérieux, jusqu’à ce que je rencontre Wild

Quand j’étais au lycée avec Selah Sue, je n’arrêtais pas de la tanner pour faire de la musique avec elle. Mais à l’époque je n’avais pas le niveau, et elle avait finit par me snober (musicalement). Quelques années plus tard je l’ai recroisée alors qu’elle donnait un showcase privé à Bruxelles, Wild était là aussi, parmi les quelques chanceux présents ce jour là. J’ai sympathisé avec elle car elle chantait aussi fort, mais mieux, que Selah elle-même. Je me souviens l’avoir vanné du style : “Hey, c’est Selah Sue que je suis venu écouter, pas toi !”

Bref, après le live, j’ai invité Wild à venir féliciter Selah avec moi, elle était comme une folle vous pensez ! Une fois arrivé en loge, Wild n’a pas pu s’empêcher de chanter, et Selah, impressionnée, me dit : « Mais c’est avec elle que tu dois faire un groupe, non d’une frite ! »  (hey oui elle est Belge Selah). On avait la chance d’habiter la même région avec Wild, du coup à notre retour de Bruxelles, on s’est revu et voilà le résultat : aujourd’hui on est aussi colocs.

Alors vous préférez quelle version, vous? 🙂

Nous avons un point commun MAD et MKW, nous soutenons l’égalité et l’inclusion, pourquoi souhaitez-vous porter cette valeur ?

A travers ce projet en particulier, notre but est de véhiculer un message de liberté des femmes – de parole, d’agir, de rêver, de choisir, quel que soit le statut social, genre, orientation sexuelle. Bref, l’expression de soi sans tabou.

(Wild) Étant une femme sans être une féministe extrême, je trouve ça encore aberrant de voir les conditions et statuts des femmes dans certaines sociétés. Malgré ça on ne veut pas véhiculer de messages négatifs ou haineux. C’est un chemin vers l’émancipation de chacun, la liberté de ne pas suivre les codes et les idées reçues que nous devrions adopter. On est tous un peu prisonniers du système, à un certain degré, mais il ne tient qu’à nous de voir avec de nouveaux yeux, d’aspirer à une réelle ouverture d’esprit, de compassion, d’empathie envers les autres, femmes et hommes.

Le conformisme ne fait pas le bonheur (de tout le monde), non ? Alors pourquoi reproduire des schémas qui n’ont d’old school que le nom (puisqu’encore actuels)? Femme n’est pas un statut, c’est un genre qui peut comme l’homme être autonome, sans être marginale. Une femme a le droit et doit s’exprimer librement, toucher les autres à travers ses mots, à travers ses mains, sa voix, ses toiles, son corps, à travers la folie et la sensibilité qu’elle met dans sa création.

Le côté MAD souligne également qu’une femme considérée en marge de la société est rapidement catégorisée – de hippie, de droguée, de femme facile, de ratée, de vieille fille, de carriériste, de folle etc. Alors que c’est magnifique d’embrasser sa propre folie. La vie/l’art sans madness serait ennuyant à mourir, non?

On tenait à ce que ce morceau fasse passer des good vibes, dans une optique d’évolution et d’une volonté positive, sans animosité envers la gente masculine. 🙂

“MKW, l’odyssée des cœurs sauvages”, KESAKO ? 

A travers le côté sauvage et candide, on souhaite partager l’idée de la liberté de découvrir qui on est, et choisir d’évoluer dans la direction qui nous plait, sans l’influence – voire le formatage – dans lesquels on baigne depuis tout gamin. On aime partager cette idée que voir la vie à travers des yeux d’enfant peut paraître naïf mais c’est aussi plus coloré, sincère et spontané. Singularité assumée.

Le cœur, c’est ce qui nous a fait quitter nos jobs, croire en notre projet, notre passion, même si auprès de nos familles, nos amis, ou nos collègues de travail, ce choix pouvait paraître irresponsable. Pour nous, suivre son instinct c’est comme suivre son cœur, pour un seul et même but: se sentir vivant. Voilà notre symbolique d’un cœur sauvage. Et nous, ce qu’on souhaite le plus, c’est d’embarquer nos auditeurs dans ce voyage, l’odyssée vers la liberté.

Partager nos morceaux c’est une façon de s’exprimer et toucher les autres. Selon nos moods et notre inspiration, on met l’accent plutôt sur des sentiments, des idées, ou des convictions.

Dans la lignée du morceau MAD, on véhicule une sexualité assumée avec “Sticky Fingers”. “Bad Liar” ou “Oh Man” évoquent le manque et l’addiction (libre à chacun d’interpréter de quelle addiction il s’agit). Notre morceau “Acid Rain” est écologiquement engagé et dénonce à travers la métaphore des pluies acides que l’homme boit son propre poison – morceau bientôt disponible sur toutes les plateformes (petite pub en scred). Tout ça dans une atmosphère chill 🙂

Pouvez-vous nous parler un peu de la scène niçoise ?

Dans la région il y a beaucoup de groupes de covers, dans tous les styles, et certains sont extrêmement talentueux ! Tout ce petit monde prend pas mal de place au final, car il y a plus d’offre que de demande, et il est difficile pour les groupes qui souhaitent apporter de la nouveauté d’être réellement mis en avant. La scène locale commence à se débloquer grâce aux démarches de Panda Event (Crossover), les associations comme Le Local à Cannes, ou encore le nouveau festival La Crème Festival à Villefranche-sur-Mer, qui a connu sa première édition cet été et favorise les groupes locaux pour les premières parties.

Cela dit, il y tout de même quelques artistes au rayonnement (inter)national qui viennent de chez nous, je pense notamment à Nekfeu, M83, The Avener, Møme ou encore Hyphen Hyphen !

(Mason) Si je devais parier sur un nom, ce serait “Le Môme”, un rappeur Niçois, que l’on a connu aux Nuits de Vence, ce jeune est à surveiller de près ! On joue d’ailleurs avec lui à la Maison de l’Étudiant à Nice ce jeudi 🙂

On a hâte d’écouter encore plus de titres, quels sont vos futurs projets ?

On vient de sortir notre morceau MAD sur les plateformes de musique (Spotify, Deezer, Apple Music, etc…), on prévoit de vous sortir notre morceau Acid Rain avec un clip pro fin Octobre! S’en suivra un EP, mais pour ça on a besoin d’un maximum d’écoutes ! Notre plus grand dilemme maintenant c’est de sélectionner parmi nos morceaux quels titres on va vous partager! A très vite 🙂

Qui sont les artistes finalistes sélectionnés pour Nuit Rose?

Nuit RoseNous y sommes, les votes sont clos ! 

C’est le moment de découvrir les noms des finalistes qui passeront sur scène au Seguin Sound à Paris le 23 octobre pour la Nuit Rose !

Nuit Rose est une soirée MAD sous le signe de l’inclusion, en clôture d’Octobre Rose.

Nous avons décidé de lancer Nuit Rose afin d’impulser un réel changement dans les industries créatives où la sous représentation des femmes est alarmante et de sensibiliser au dépistage du cancer du sein.

Le Mercredi 23 Octobre, la première édition de  Nuit Rose aura lieu au coeur de Paris. Cette expérience artistique hybride aura lieu en présence de notre communauté ainsi qu’un jury d’artistes : Alex Ramirès, Laura Calu, Noémie De Lattre et Rens Lipsius.

Les artistes finalistes de la première édition de Nuit Rose sont : Annabelle Amory, Ayoub Khamassi, Baronnes, Bénédicte Waryn, Chloé Ruchon, Clain, Estelle Ebenga Hénot, Guate Mao, Héloïse Haddad, Illustre, Jeffrey Scary, Joséphine Tilloy, Marwan Antonios, MKW Music Band, Pola, Sabrina Roger, et Telegraph.

L’artiste MADly Pink sera révélé(e) à l’issue de la soirée du mercredi 23 Octobre au Seguin Sound, de 18h à 23h à Paris.

Lydie Hacquet, photographe d’émotion

LydieHacquetLydie Hacquet, dont tu peux trouver toutes ses photographies sur https://www.histoiresdl.com/ se présente et t’invite à comprendre sa vision de la photographie et de la transmission d’émotions. Elle présente également ses 2 oeuvres préférées et son projet futur.

Peux-tu te présenter en quelques mots s’il te plait ?
Moi? Je vis à Paris, ma ville de naissance, et ma source d’inspiration mais pas que! J’ai aussi vécu à l’étranger, à Austin Texas pendant quelques années et cela m’a ouvert à d’autres réalités, d’autres espaces, d’autres cultures. Je me ressource au bord de la mer: Normandie, méditerranée, les extrêmes encore! Cela fait de moi une espèce de chat de gouttière, qui adore errer entre grands espaces vides et villes, fourmillement ou agitation et épure et sérénité. Publicitaire, communicante invétérée, j’ai toujours cherché à faire ressentir des émotions dans les campagnes que j’ai eues la chance de diriger. Depuis toujours, je suis passionnée de photographie, j’ai eu la chance de travailler avec les plus grands, ça aide!

Pourquoi as-tu souhaité passer de la communication à la photographie ?
Le geste photographique, dans son acceptation totale (photo documentaire, artistique, publicitaire, journalistique, etc…) c’est de la communication! sauf qu’elle ne formalise pas avec des mots.  La communication aujourd’hui (pour une institution, pour une marque, pour les politiques) est souvent trop bavarde, elle cherche désespérément à expliquer, à prouver, à orienter avec des mots, des tournures choc, des slogans. Nous sommes des êtres émotionnels avant tout. Les neurosciences le prouvent. Le cerveau cherche toujours à se faire plaisir. Et pour cela, l’émotion ressentie prend toujours le dessus sur le rationnel d’un discours. Doisneau, Mayer, Les élèves de l’école de Chicago, tous l’avaient bien compris. Je n’ai pas totalement quitté la communication. J’ai simplement évolué avec cette idée simple: Une image photographique en dit plus que tous les longs discours.

Si tu devais nous parler d’une photo, laquelle serait-elle ?
Pfffffff! difficile! je peux en prendre 2? En premier, je garderai cette photo de Helen Levitt prise aux alentour de 1930 dans les quartiers défavorisés de New York. C’est une photo d’enfants qui jouent, qui rient, qui bravent les interdits et qui défient le monde. Cette photo éminemment sociale, parle de joie malgré tout, de vie. J’aime le travail de cette femme qui, très tôt, a mêlé expression artistique avec photo du quotidien. Elle a une esthétique qui me touche et il s’en dégage une énergie incroyable.
Je choisirai ensuite celle de Charlotte Rampling par Helmutt Newton dans la salle des toréadors à l’hôtel Nord Pinus à Arles. J’aime la force de cette image. Cette femme mince, nue, dans ce décors sombre et chargé crée un contraste saisissant. A première vue on pourrait la penser vulnérable, mais sa fragilité n’est que dans notre regard. Son regard, sa posture disent tout l’inverse. Elle est libre avant tout! C’était les années 70 (en 73 je crois) et les femmes prenaient possession de leur corps, la liberté d’être nue dans ce lieu chargé de symboles c’est un tabou que l’artiste lève. Aujourd’hui, cette photo ne serait sans doute plus possible sans lever un débat. L’émotion du photographe qui transgresse les codes, celle du mannequin qui défie l’objectif, un uppercut en pleine tête!

Tu te décris comme photographe de l’émotion, que cela signifie-t-il pour toi ?
Comme je le disais tout à l’heure, l’Homme est à la base un être d’émotions, il est devenu rationnel! Personnellement, je suis très sensible aux ressentis, aux impressions premières, aux énergies dégagées par des lieux, des gens. C’est irrationnel, c’est émotionnel! Et je sais que je ne suis pas la seule, pourtant….. 

Je constate que dans les entreprises tout devient rationnel, programmé, logique, dans la vie perso c’est pareil, il y a de moins en moins de place pour l’émerveillement, la surprise. Tout va trop vite, on court après quoi? L’émotion n’a plus sa place et l’homme doit rentrer dans une case, il est soumis aux algorithmes qui l’aliène et le dirigent. Je veux que ceux qui regardent mes images se disent, “tient, et si je m’arrêtais quelques secondes de courir pour voir et ressentir, pour être surpris par une jolie lumière, un geste tendre, un incongru dans la ville?”. Ça embellit la journée et ça nous reconnecte à notre condition humaine.

Quelle est ta démarche artistique ? Ton processus de photographie ?
J’ai tout le temps sur moi au moins un appareil, c’est devenu un doudou, une extension de moi. J’ai cette capacité à voir les petites choses incongrues que la vie nous propose et le geste photographique est pour moi comme un instant fugitif qui dure, c’est une méditation. Que ce soit en ville ou lorsque je suis dans la nature, avec des inconnus ou des gens que j’aime, je capte l’instant et je ressens son énergie. La technique passe au second plan, l’émotion est pour moi le plus important. Un pas à gauche, à droite, plus près, rentrer dans l’histoire qui se déroule devant moi, ressentir l’énergie, c’est mon moteur. Parfois je pars en quête d’une image bien précise et je reviens avec tout à fait autre chose. Mes séries se construisent au fil du temps, des découvertes, des moments, il y a rarement préméditation.

Quels sont tes futurs projets ?
J’ai une série que j’ai commencée et, je l’espère sera l’occasion d’une exposition sur les villages de vacances des années 60/70. j’ai découvert lors de mes vacances un endroit incroyable avec des maisons bulles. Ce moment de découverte a été une parenthèse, et un choc esthétique fort. C’est beau, c’est totalement incongru, on se croirait dans un film…à suivre 😉

 

 

 

 

Krauss, un Dj strasbourgeois qui te fait saigner les oreilles!

KraussKrauss, un Dj strasbourgeois qui souhaite juste te faire vivre une grosse soirée grâce à ses sons indés lourds. Il te raconte sa vision de la scène strasbourgeoise qui est en pleine effervescence, son collectif Frequencies et le plus important : son style !

Salut Krauss, que dis-tu de commencer par te présenter en quelques mots?
Salut, je suis Krauss, ou Jakob pour les intimes, je viens de Strasbourg, j’ai 24 ans et ca fait bientôt 10 ans que je fais du son. J’aime la randonnée, l’ananas, les jeux vidéo, la bière et les raves.

Comment as-tu commencé la musique et qu’est-ce qui t’as mené sur le chemin de la Techno Industrielle ?
J’adorais le Metal quand j’étais gosse, j’ai essayé la guitare, j’y arrivais pas, pas assez de doigts pour toutes les touches. Vers fin collège, j’écoutais des vieux remix electro trash éclatés (Dimitry G et autres bêtises). Puis début lycée j’ai commencé à écouter de la musique électronique, genre dubstep, drum and bass etc … et ca m’a fait kiffer, dès le premier concert que j’ai pu voir, j’ai eu envie de balancer de la violence sonore et je me suis mis à faire du son. 

Puis au fil des années, j’ai découvert les raves, les free, et les musiques qui vont avec: techno et tekno. J’ai abandonné la dubstep et je me suis mis à la minimale, à la techno, au hardcore, crossbreed … pour enfin arriver à une techno sombre et bien violente, qu’on peut qualifier d’industrielle.

Tu te définis comme un “artilleur”, qu’entends-tu pas cela ?
Pour plusieurs raisons, la première c’est que quand t’es en concert, les sons qui te marquent, c’est ceux qui te surprennent, qui te choquent, quelques missiles après une mélodie mélancolique aggressive, ya rien de mieux. Et c’est exactement ce genre de son que je m’efforce de proposer.

Sinon, quand je joue en live, je vois mes différents morceaux, boucles de batterie, synthés etc… comme des cartouches, des ogives, chaque partie à son effet, mais n’est utilisable qu’une fois. 

C’est un peu ma façon de voir la musique.

Peux-tu nous parler de ton collectif Frequencies ?
Non, enfin si, mais … c’est pas trop ca en ce moment on a un petit coup de mou. 

On a lancé ce collectif avec 3 potes, Philotechnos, Paradoxal Gradient et Kod, de manière à pouvoir organiser des soirées, et avoir des dates. Ca marchait plutôt bien, mais chacun a eu ses projets et ses envies et au final plus personne ne prend le temps. 

Mais Frequencies n’est pas mort pour autant, disons qu’on hiberne pour le moment.

Un mot sur la scène strasbourgeoise ?L
a scène strasbourgeoise, c’est un vivier, tout les jours t’as des nouveaux artistes qui débarquent, c’est un environnement qui bouge beaucoup. Au début ca me faisait chier, je me disais que c’était de la concurrence. Mais en fait pas du tout, tu fais plein de rencontres, tu te remet en question, t’apprends des autres tout en transmettant tes bails. C’est grave cool en vrai, et puis c’est une communauté assez proche, finalement a une ou deux relation de distance, tu connais tout le monde.

As-tu un projet futur que tu voudrais réaliser et dont tu souhaiterais parler?
J’ai plein d’idées tout le temps, pas forcément en rapport avec la musique, du coup j’suis jamais vraiment focalisé sur un seul truc. 

Mais je kifferais bien organiser des lives dans des endroits inédits, faire des vidéos et transmettre ca sur le net. Et aussi enregistrer mes dernières sonorités, depuis le temps qu’il faut que je le fasse.

Rens Lipsius, amoureux de la vie t’explique la raison de sa participation à Nuit Rose

Rens_LipsusPourriez-vous vous présenter brièvement?
Hi I am a pluridisciplinary artist working in NY and Paris

Qu’est-ce qui vous a motivé pour être membre du Jury Nuit Rose?
To give my full support as an artist professional for the cause of breast cancer

Le thème de Nuit Rose est l’inclusion, qu’est-ce-que cela vous inspire ?
It is the reason of my participation, pink is a flower and that’s life

En tant qu’artiste, comment réussissez-vous à faire passer ce message?
Besides from the solitary work in the studio, a condition sine qua non, I maintain a dynamic social network, which partly turns around my paris’studio

Quels seront vos critères pour sélectionner les finalistes qui pourront participer à la Nuit Rose?
La vie , body and mind connected through strong visual work , thus showing personality. Without this it isn’t interesting to me.

Un peu de philosophie: pouvez-vous nous dire, selon vous, ce que fut et est la femme dans l’art?
Women have a specific sensitivity which enhances the mind , arts …life

Enfin, quelles sont les femmes qui vous inspirent?
Very eclectic, from women like Clara Schumann, Marie Curie, The voice of a woman singing like Ella Fitgerald , Maria Callas . Or as actresses many different ones. And even my cleaning lady just inspires me

Noémie de Lattre et son spectacle Féministe pour Homme te parle de son engagement

NoemiedelattrePourriez-vous vous présenter brièvement ?
Je suis une artiste, comédienne et je joue mon spectacle Féministe pour Homme à la Pépinière. 

Qu’est ce qui vous a motivé à être membre du Jury Nuit Rose?
Je ne sais pas quoi ajouter sur le principe même de la Nuit Rose, le concept est juste génial. La réponse est idiote mais j’ai voulu le faire car c’est super ! 

Le thème de Nuit Rose est l’inclusion, qu’est-ce-que cela vous inspire?
l’inclusion est la clé de l’évolution de notre société. Aucun combat pour un monde meilleur, que ce soit les luttes contre les racistes, la xénophobie, l’homophobie, le sexime… ne pourra se faire sans inclusion. C’est la base des vertus de tolérance qui sont absolument nécessaires. 

En tant qu’artiste, comment réussissez-vous à faire passer ce message?
En tant qu’artiste engagé dans mon spectacle actuel, j’ai réfléchi l’intégralité de mes sketchs et des vidéos autour de l’inclusion. Je passe mon temps à me demander, pour chaque phrase dans mon spectacle, si cette dernière peut parler à n’importe quel indvidu. Je veux que mon message puisse passer auprès d’un homme, d’une noire, d’un pauvre, etc.. Cela demande énormément de réflexion, de se mettre à la place de tout ce qu’on est pas. Et cette réflexion n’importe qui peut l’avoir avec un minimum de bienveillance. 

Je fais des vidéos toujours dans une idée d’inclusion mais également afin de guider vers l’inclusion. 

Quels seront vos critères pour sélectionner les finalistes qui pourront participer à la Nuit Rose?
J’ai deux critères équivalents, à savoir la personne qui allie le mieux compétence artistique (le talent) et engagement. En gros, qui allie le mieux le fond et la forme. 

Un peu de philosophie: pouvez-vous nous dire, selon vous, ce que fut et est la femme dans l’art?
Poser la question comme telle en 2019 prouve qu’il existe encore un gros problème. Il faudrait parler d’artiste et non plus de la femme dans l’art. Encore aujourd’hui, les artistes sont des hommes qui s’inspirent de la femme qui est une image qui n’existe pas puisque nous devrions parler des femmes. D’autre part, je reste étonnée de la faible représentation des femmes dans le domaine artistique avec un chiffre critique : 1% de cheffe d’orchestre. 

Les programmes des manuels scolaires sont aussi un bon exemple, combien y voit-on de femmes philosophes, autrices ou dramaturges enseignées à l’école ? Le pire est que cela est dit comme “on va vous enseigner la philosophie et la littérature” et non pas comme “la philosophie et la littérature des hommes”. On ne prévient pas les élèves qu’on leur enseigne que la moitié de l’histoire. 

Enfin, qui sont les femmes qui vous inspirent?
En tant qu’actrice, je suis une immense fan de Meyrl Streep. J’aime beaucoup également toutes les actrices qui mettent leur notoriété au service de l’égalité comme Emma Thompson ou Krysten Steward. Et voici encore d’autres femmes très inspirantes : Oliviia Gazelé, Sylvia Federici, Virginie Despentes, Camille Emmanuelle, Mona Chollet et Marie Donzelle. 

Laura Calu, l’initiatrice du #BikiniFermeTaGueule te parle d’inclusion

LauraCaluPourriez-vous vous présenter brièvement ?
Je suis Laura Calu, humoriste et comédienne, je me suis faite connaître grâce à mes vidéos sur Facebook il y a 6 ans environ et depuis un an je joue mon spectacle sur scène.

Qu’est-ce qui vous a motivé pour être membre du Jury Nuit Rose?
On me l’a gentiment proposé alors j’ai dit oui ! Chaque année j’essaie de faire quelque chose pour Octobre Rose mais surtout pour mes amies qui se battent et se sont battues contre le cancer du sein. Donc je dirais que c’est pour Marion, Kheira et les autres.

Le thème de Nuit Rose est l’inclusion, qu’est-ce-que cela vous inspire ?
Le futur, enfin, j’espère.

En tant qu’artiste, comment réussissez-vous à faire passer ce message ?
Par des vidéos, des sketchs, des interviews depuis 6 ans je pense.

Quels seront vos critères pour sélectionner les finalistes qui pourront participer à la Nuit Rose ?
La passion. J’aime voir la passion dans les yeux d’un artiste. Parfois ça me touche plus qu’une performance en soi.

Un peu de philosophie: pouvez-vous nous dire, selon vous, ce que fut et est la femme dans l’art ?
Et ben… Une femme dans l’art.

Enfin, qui sont les femmes qui vous inspirent ?
Ma grande sœur (pour son intelligence), Mylène Farmer (pour ses cheveux), Muriel Robin (pour son franc parler), Florence Foresti (pour son humour) et plein d’autres …