September 2019

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Lydie Hacquet, photographe d’émotion

LydieHacquetLydie Hacquet, dont tu peux trouver toutes ses photographies sur https://www.histoiresdl.com/ se présente et t’invite à comprendre sa vision de la photographie et de la transmission d’émotions. Elle présente également ses 2 oeuvres préférées et son projet futur.

Peux-tu te présenter en quelques mots s’il te plait ?
Moi? Je vis à Paris, ma ville de naissance, et ma source d’inspiration mais pas que! J’ai aussi vécu à l’étranger, à Austin Texas pendant quelques années et cela m’a ouvert à d’autres réalités, d’autres espaces, d’autres cultures. Je me ressource au bord de la mer: Normandie, méditerranée, les extrêmes encore! Cela fait de moi une espèce de chat de gouttière, qui adore errer entre grands espaces vides et villes, fourmillement ou agitation et épure et sérénité. Publicitaire, communicante invétérée, j’ai toujours cherché à faire ressentir des émotions dans les campagnes que j’ai eues la chance de diriger. Depuis toujours, je suis passionnée de photographie, j’ai eu la chance de travailler avec les plus grands, ça aide!

Pourquoi as-tu souhaité passer de la communication à la photographie ?
Le geste photographique, dans son acceptation totale (photo documentaire, artistique, publicitaire, journalistique, etc…) c’est de la communication! sauf qu’elle ne formalise pas avec des mots.  La communication aujourd’hui (pour une institution, pour une marque, pour les politiques) est souvent trop bavarde, elle cherche désespérément à expliquer, à prouver, à orienter avec des mots, des tournures choc, des slogans. Nous sommes des êtres émotionnels avant tout. Les neurosciences le prouvent. Le cerveau cherche toujours à se faire plaisir. Et pour cela, l’émotion ressentie prend toujours le dessus sur le rationnel d’un discours. Doisneau, Mayer, Les élèves de l’école de Chicago, tous l’avaient bien compris. Je n’ai pas totalement quitté la communication. J’ai simplement évolué avec cette idée simple: Une image photographique en dit plus que tous les longs discours.

Si tu devais nous parler d’une photo, laquelle serait-elle ?
Pfffffff! difficile! je peux en prendre 2? En premier, je garderai cette photo de Helen Levitt prise aux alentour de 1930 dans les quartiers défavorisés de New York. C’est une photo d’enfants qui jouent, qui rient, qui bravent les interdits et qui défient le monde. Cette photo éminemment sociale, parle de joie malgré tout, de vie. J’aime le travail de cette femme qui, très tôt, a mêlé expression artistique avec photo du quotidien. Elle a une esthétique qui me touche et il s’en dégage une énergie incroyable.
Je choisirai ensuite celle de Charlotte Rampling par Helmutt Newton dans la salle des toréadors à l’hôtel Nord Pinus à Arles. J’aime la force de cette image. Cette femme mince, nue, dans ce décors sombre et chargé crée un contraste saisissant. A première vue on pourrait la penser vulnérable, mais sa fragilité n’est que dans notre regard. Son regard, sa posture disent tout l’inverse. Elle est libre avant tout! C’était les années 70 (en 73 je crois) et les femmes prenaient possession de leur corps, la liberté d’être nue dans ce lieu chargé de symboles c’est un tabou que l’artiste lève. Aujourd’hui, cette photo ne serait sans doute plus possible sans lever un débat. L’émotion du photographe qui transgresse les codes, celle du mannequin qui défie l’objectif, un uppercut en pleine tête!

Tu te décris comme photographe de l’émotion, que cela signifie-t-il pour toi ?
Comme je le disais tout à l’heure, l’Homme est à la base un être d’émotions, il est devenu rationnel! Personnellement, je suis très sensible aux ressentis, aux impressions premières, aux énergies dégagées par des lieux, des gens. C’est irrationnel, c’est émotionnel! Et je sais que je ne suis pas la seule, pourtant….. 

Je constate que dans les entreprises tout devient rationnel, programmé, logique, dans la vie perso c’est pareil, il y a de moins en moins de place pour l’émerveillement, la surprise. Tout va trop vite, on court après quoi? L’émotion n’a plus sa place et l’homme doit rentrer dans une case, il est soumis aux algorithmes qui l’aliène et le dirigent. Je veux que ceux qui regardent mes images se disent, “tient, et si je m’arrêtais quelques secondes de courir pour voir et ressentir, pour être surpris par une jolie lumière, un geste tendre, un incongru dans la ville?”. Ça embellit la journée et ça nous reconnecte à notre condition humaine.

Quelle est ta démarche artistique ? Ton processus de photographie ?
J’ai tout le temps sur moi au moins un appareil, c’est devenu un doudou, une extension de moi. J’ai cette capacité à voir les petites choses incongrues que la vie nous propose et le geste photographique est pour moi comme un instant fugitif qui dure, c’est une méditation. Que ce soit en ville ou lorsque je suis dans la nature, avec des inconnus ou des gens que j’aime, je capte l’instant et je ressens son énergie. La technique passe au second plan, l’émotion est pour moi le plus important. Un pas à gauche, à droite, plus près, rentrer dans l’histoire qui se déroule devant moi, ressentir l’énergie, c’est mon moteur. Parfois je pars en quête d’une image bien précise et je reviens avec tout à fait autre chose. Mes séries se construisent au fil du temps, des découvertes, des moments, il y a rarement préméditation.

Quels sont tes futurs projets ?
J’ai une série que j’ai commencée et, je l’espère sera l’occasion d’une exposition sur les villages de vacances des années 60/70. j’ai découvert lors de mes vacances un endroit incroyable avec des maisons bulles. Ce moment de découverte a été une parenthèse, et un choc esthétique fort. C’est beau, c’est totalement incongru, on se croirait dans un film…à suivre 😉

 

 

 

 

Krauss, un Dj strasbourgeois qui te fait saigner les oreilles!

KraussKrauss, un Dj strasbourgeois qui souhaite juste te faire vivre une grosse soirée grâce à ses sons indés lourds. Il te raconte sa vision de la scène strasbourgeoise qui est en pleine effervescence, son collectif Frequencies et le plus important : son style !

Salut Krauss, que dis-tu de commencer par te présenter en quelques mots?
Salut, je suis Krauss, ou Jakob pour les intimes, je viens de Strasbourg, j’ai 24 ans et ca fait bientôt 10 ans que je fais du son. J’aime la randonnée, l’ananas, les jeux vidéo, la bière et les raves.

Comment as-tu commencé la musique et qu’est-ce qui t’as mené sur le chemin de la Techno Industrielle ?
J’adorais le Metal quand j’étais gosse, j’ai essayé la guitare, j’y arrivais pas, pas assez de doigts pour toutes les touches. Vers fin collège, j’écoutais des vieux remix electro trash éclatés (Dimitry G et autres bêtises). Puis début lycée j’ai commencé à écouter de la musique électronique, genre dubstep, drum and bass etc … et ca m’a fait kiffer, dès le premier concert que j’ai pu voir, j’ai eu envie de balancer de la violence sonore et je me suis mis à faire du son. 

Puis au fil des années, j’ai découvert les raves, les free, et les musiques qui vont avec: techno et tekno. J’ai abandonné la dubstep et je me suis mis à la minimale, à la techno, au hardcore, crossbreed … pour enfin arriver à une techno sombre et bien violente, qu’on peut qualifier d’industrielle.

Tu te définis comme un “artilleur”, qu’entends-tu pas cela ?
Pour plusieurs raisons, la première c’est que quand t’es en concert, les sons qui te marquent, c’est ceux qui te surprennent, qui te choquent, quelques missiles après une mélodie mélancolique aggressive, ya rien de mieux. Et c’est exactement ce genre de son que je m’efforce de proposer.

Sinon, quand je joue en live, je vois mes différents morceaux, boucles de batterie, synthés etc… comme des cartouches, des ogives, chaque partie à son effet, mais n’est utilisable qu’une fois. 

C’est un peu ma façon de voir la musique.

Peux-tu nous parler de ton collectif Frequencies ?
Non, enfin si, mais … c’est pas trop ca en ce moment on a un petit coup de mou. 

On a lancé ce collectif avec 3 potes, Philotechnos, Paradoxal Gradient et Kod, de manière à pouvoir organiser des soirées, et avoir des dates. Ca marchait plutôt bien, mais chacun a eu ses projets et ses envies et au final plus personne ne prend le temps. 

Mais Frequencies n’est pas mort pour autant, disons qu’on hiberne pour le moment.

Un mot sur la scène strasbourgeoise ?L
a scène strasbourgeoise, c’est un vivier, tout les jours t’as des nouveaux artistes qui débarquent, c’est un environnement qui bouge beaucoup. Au début ca me faisait chier, je me disais que c’était de la concurrence. Mais en fait pas du tout, tu fais plein de rencontres, tu te remet en question, t’apprends des autres tout en transmettant tes bails. C’est grave cool en vrai, et puis c’est une communauté assez proche, finalement a une ou deux relation de distance, tu connais tout le monde.

As-tu un projet futur que tu voudrais réaliser et dont tu souhaiterais parler?
J’ai plein d’idées tout le temps, pas forcément en rapport avec la musique, du coup j’suis jamais vraiment focalisé sur un seul truc. 

Mais je kifferais bien organiser des lives dans des endroits inédits, faire des vidéos et transmettre ca sur le net. Et aussi enregistrer mes dernières sonorités, depuis le temps qu’il faut que je le fasse.

Rens Lipsius, amoureux de la vie t’explique la raison de sa participation à Nuit Rose

Rens_LipsusPourriez-vous vous présenter brièvement?
Hi I am a pluridisciplinary artist working in NY and Paris

Qu’est-ce qui vous a motivé pour être membre du Jury Nuit Rose?
To give my full support as an artist professional for the cause of breast cancer

Le thème de Nuit Rose est l’inclusion, qu’est-ce-que cela vous inspire ?
It is the reason of my participation, pink is a flower and that’s life

En tant qu’artiste, comment réussissez-vous à faire passer ce message?
Besides from the solitary work in the studio, a condition sine qua non, I maintain a dynamic social network, which partly turns around my paris’studio

Quels seront vos critères pour sélectionner les finalistes qui pourront participer à la Nuit Rose?
La vie , body and mind connected through strong visual work , thus showing personality. Without this it isn’t interesting to me.

Un peu de philosophie: pouvez-vous nous dire, selon vous, ce que fut et est la femme dans l’art?
Women have a specific sensitivity which enhances the mind , arts …life

Enfin, quelles sont les femmes qui vous inspirent?
Very eclectic, from women like Clara Schumann, Marie Curie, The voice of a woman singing like Ella Fitgerald , Maria Callas . Or as actresses many different ones. And even my cleaning lady just inspires me

Noémie de Lattre et son spectacle Féministe pour Homme te parle de son engagement

NoemiedelattrePourriez-vous vous présenter brièvement ?
Je suis une artiste, comédienne et je joue mon spectacle Féministe pour Homme à la Pépinière. 

Qu’est ce qui vous a motivé à être membre du Jury Nuit Rose?
Je ne sais pas quoi ajouter sur le principe même de la Nuit Rose, le concept est juste génial. La réponse est idiote mais j’ai voulu le faire car c’est super ! 

Le thème de Nuit Rose est l’inclusion, qu’est-ce-que cela vous inspire?
l’inclusion est la clé de l’évolution de notre société. Aucun combat pour un monde meilleur, que ce soit les luttes contre les racistes, la xénophobie, l’homophobie, le sexime… ne pourra se faire sans inclusion. C’est la base des vertus de tolérance qui sont absolument nécessaires. 

En tant qu’artiste, comment réussissez-vous à faire passer ce message?
En tant qu’artiste engagé dans mon spectacle actuel, j’ai réfléchi l’intégralité de mes sketchs et des vidéos autour de l’inclusion. Je passe mon temps à me demander, pour chaque phrase dans mon spectacle, si cette dernière peut parler à n’importe quel indvidu. Je veux que mon message puisse passer auprès d’un homme, d’une noire, d’un pauvre, etc.. Cela demande énormément de réflexion, de se mettre à la place de tout ce qu’on est pas. Et cette réflexion n’importe qui peut l’avoir avec un minimum de bienveillance. 

Je fais des vidéos toujours dans une idée d’inclusion mais également afin de guider vers l’inclusion. 

Quels seront vos critères pour sélectionner les finalistes qui pourront participer à la Nuit Rose?
J’ai deux critères équivalents, à savoir la personne qui allie le mieux compétence artistique (le talent) et engagement. En gros, qui allie le mieux le fond et la forme. 

Un peu de philosophie: pouvez-vous nous dire, selon vous, ce que fut et est la femme dans l’art?
Poser la question comme telle en 2019 prouve qu’il existe encore un gros problème. Il faudrait parler d’artiste et non plus de la femme dans l’art. Encore aujourd’hui, les artistes sont des hommes qui s’inspirent de la femme qui est une image qui n’existe pas puisque nous devrions parler des femmes. D’autre part, je reste étonnée de la faible représentation des femmes dans le domaine artistique avec un chiffre critique : 1% de cheffe d’orchestre. 

Les programmes des manuels scolaires sont aussi un bon exemple, combien y voit-on de femmes philosophes, autrices ou dramaturges enseignées à l’école ? Le pire est que cela est dit comme “on va vous enseigner la philosophie et la littérature” et non pas comme “la philosophie et la littérature des hommes”. On ne prévient pas les élèves qu’on leur enseigne que la moitié de l’histoire. 

Enfin, qui sont les femmes qui vous inspirent?
En tant qu’actrice, je suis une immense fan de Meyrl Streep. J’aime beaucoup également toutes les actrices qui mettent leur notoriété au service de l’égalité comme Emma Thompson ou Krysten Steward. Et voici encore d’autres femmes très inspirantes : Oliviia Gazelé, Sylvia Federici, Virginie Despentes, Camille Emmanuelle, Mona Chollet et Marie Donzelle. 

Laura Calu, l’initiatrice du #BikiniFermeTaGueule te parle d’inclusion

LauraCaluPourriez-vous vous présenter brièvement ?
Je suis Laura Calu, humoriste et comédienne, je me suis faite connaître grâce à mes vidéos sur Facebook il y a 6 ans environ et depuis un an je joue mon spectacle sur scène.

Qu’est-ce qui vous a motivé pour être membre du Jury Nuit Rose?
On me l’a gentiment proposé alors j’ai dit oui ! Chaque année j’essaie de faire quelque chose pour Octobre Rose mais surtout pour mes amies qui se battent et se sont battues contre le cancer du sein. Donc je dirais que c’est pour Marion, Kheira et les autres.

Le thème de Nuit Rose est l’inclusion, qu’est-ce-que cela vous inspire ?
Le futur, enfin, j’espère.

En tant qu’artiste, comment réussissez-vous à faire passer ce message ?
Par des vidéos, des sketchs, des interviews depuis 6 ans je pense.

Quels seront vos critères pour sélectionner les finalistes qui pourront participer à la Nuit Rose ?
La passion. J’aime voir la passion dans les yeux d’un artiste. Parfois ça me touche plus qu’une performance en soi.

Un peu de philosophie: pouvez-vous nous dire, selon vous, ce que fut et est la femme dans l’art ?
Et ben… Une femme dans l’art.

Enfin, qui sont les femmes qui vous inspirent ?
Ma grande sœur (pour son intelligence), Mylène Farmer (pour ses cheveux), Muriel Robin (pour son franc parler), Florence Foresti (pour son humour) et plein d’autres …