MKW, l’odyssée des coeurs sauvages

By MAD

MKWAvec leur humour singulier et leur bonne humeur, le duo de MKW: Wild et Mason te raconte leur rencontre, leur nouvelle musique qui se nomme… MAD et qui est une réelle hymne à l’inclusion. Ils expliquent également la scène niçoise ainsi que leur surnom “l’odyssée des cœurs sauvages”.

Hello MKW, pouvez-vous vous présenter rapidement ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?

MKW c’est l’alliance de nos deux univers blues & soul pour Mason et pop pour Wild, le tout dans une atmosphère électro.

(Wild) Je trouve ça assez difficile d’identifier quels groupes influencent notre style, surtout quand je ne peux pas me résoudre à nous catégoriser dans un style spécifique 🙂  Personnellement je m’inspire de Sublime pour les good vibes, Arctic Monkeys pour leurs textes, Hyphen Hyphen pour l’énergie ou encore Lana Del Rey pour l’ambiance atmosphérique (certainement due à l’utilisation de la reverb que j’affectionne aussi).

Ado, je composais dans un style folk/pop sur une simple guitare acoustique ou mon ukulele. La musique était encore à ce moment là un rêve de jeunesse. Après plusieurs années d’études, des diplômes et 2 ans dans la vie active, j’ai compris que si j’ai trouvé le passage à l’âge adulte difficile, c’est parce qu’il ne tenait qu’à moi de changer des rêves de gamine en projets de vie. Motivée comme jaja, je me suis mise à chercher sérieusement un guitariste pour enregistrer en studio mes compositions.

Il y a presque 3 ans, en voyage dans l’East Side de Berlin, un soir j’avais un délire de suivre des étrangers qui m’inspiraient jusqu’à trouver un endroit où je veuille passer la soirée. Je suis arrivée dans un bâtiment désaffecté, couleurs vives, projos dans tous les sens, basses qui tapent, des mecs qui se font tatouer dans un coin, d’autre qui font du body painting, tags live sur les murs etc. Univers complètement perché mais pas trop quand t’es déjà à 3 grammes. Là je tombe sur un type avec des yeux qui transpercent, genre les lentilles qu’on met pour Halloween. Il était norvégien je crois. Pantalon bleu ciel en lin comme ses yeux, torse poil, pieds nu, il me fixe, je suis hyper intriguée. Là le mec me dit qu’il m’a choisie pour jouer un rôle dans sa vie, enfin plutôt dans sa soirée. Ce grand viking veut que je donne une petite pilule rose à un mec brun type sicilien à quelques mètres de nous. Je trouve ça chelou, dans mes souvenirs sous md on aime tout le monde, mais je capte vite que le sicilien préfère clairement les petites nanas typées aux yeux clairs au grand viking. On sympathise rapidement et il lâche ses potes John (Mayer) et Nekfeu pour passer la soirée avec moi. Ce mec là porte le même prénom que mon frère, Lilian. C’est aujourd’hui mon colloc, meilleur pote, binôme, guitariste aussi connu sous le nom de Mason.

(Mason) J’ai commencé la guitare lorsque j’avais 16 ans : à l’époque j’écoutais déjà les Beatles et Elvis, mais j’étais à l’apogée de ma période Rap Us, avec 2Pac et 50 Cent en tête de liste…un jour j’arrive chez mon père qui regardait un live de Roger Waters (Pink Floyd pour les incultes hahaha) à Berlin en 1990 je crois, c’est Cindy Lauper qui chantait sur Another Brick In The Wall, c’est vous dire le concert improbable ! Bref, le solo de guitare de cette version live dure environ 4 minutes, duel épique entre une Fender Stratocaster et une Gibson Lespaul ! La grosse claque… Un mois plus tard j’avais la copie d’une Strat’ entre les mains, et je j’apprenais mes premiers accords. Je n’ai jamais lâché l’affaire avec ces bouts de bois ! C’est pour moi un instrument extrêmement exigeant, qui demande beaucoup de travail, mais à la fois très expressif et vivant. J’ai eu la chance d’intégrer un groupe au bout d’un an de pratique acharné, en tant que soliste, et c’est là que je me suis “fait” les doigts. J’ai eu quelques autres formations par la suite mais rien de sérieux, jusqu’à ce que je rencontre Wild

Quand j’étais au lycée avec Selah Sue, je n’arrêtais pas de la tanner pour faire de la musique avec elle. Mais à l’époque je n’avais pas le niveau, et elle avait finit par me snober (musicalement). Quelques années plus tard je l’ai recroisée alors qu’elle donnait un showcase privé à Bruxelles, Wild était là aussi, parmi les quelques chanceux présents ce jour là. J’ai sympathisé avec elle car elle chantait aussi fort, mais mieux, que Selah elle-même. Je me souviens l’avoir vanné du style : “Hey, c’est Selah Sue que je suis venu écouter, pas toi !”

Bref, après le live, j’ai invité Wild à venir féliciter Selah avec moi, elle était comme une folle vous pensez ! Une fois arrivé en loge, Wild n’a pas pu s’empêcher de chanter, et Selah, impressionnée, me dit : « Mais c’est avec elle que tu dois faire un groupe, non d’une frite ! »  (hey oui elle est Belge Selah). On avait la chance d’habiter la même région avec Wild, du coup à notre retour de Bruxelles, on s’est revu et voilà le résultat : aujourd’hui on est aussi colocs.

Alors vous préférez quelle version, vous? 🙂

Nous avons un point commun MAD et MKW, nous soutenons l’égalité et l’inclusion, pourquoi souhaitez-vous porter cette valeur ?

A travers ce projet en particulier, notre but est de véhiculer un message de liberté des femmes – de parole, d’agir, de rêver, de choisir, quel que soit le statut social, genre, orientation sexuelle. Bref, l’expression de soi sans tabou.

(Wild) Étant une femme sans être une féministe extrême, je trouve ça encore aberrant de voir les conditions et statuts des femmes dans certaines sociétés. Malgré ça on ne veut pas véhiculer de messages négatifs ou haineux. C’est un chemin vers l’émancipation de chacun, la liberté de ne pas suivre les codes et les idées reçues que nous devrions adopter. On est tous un peu prisonniers du système, à un certain degré, mais il ne tient qu’à nous de voir avec de nouveaux yeux, d’aspirer à une réelle ouverture d’esprit, de compassion, d’empathie envers les autres, femmes et hommes.

Le conformisme ne fait pas le bonheur (de tout le monde), non ? Alors pourquoi reproduire des schémas qui n’ont d’old school que le nom (puisqu’encore actuels)? Femme n’est pas un statut, c’est un genre qui peut comme l’homme être autonome, sans être marginale. Une femme a le droit et doit s’exprimer librement, toucher les autres à travers ses mots, à travers ses mains, sa voix, ses toiles, son corps, à travers la folie et la sensibilité qu’elle met dans sa création.

Le côté MAD souligne également qu’une femme considérée en marge de la société est rapidement catégorisée – de hippie, de droguée, de femme facile, de ratée, de vieille fille, de carriériste, de folle etc. Alors que c’est magnifique d’embrasser sa propre folie. La vie/l’art sans madness serait ennuyant à mourir, non?

On tenait à ce que ce morceau fasse passer des good vibes, dans une optique d’évolution et d’une volonté positive, sans animosité envers la gente masculine. 🙂

“MKW, l’odyssée des cœurs sauvages”, KESAKO ? 

A travers le côté sauvage et candide, on souhaite partager l’idée de la liberté de découvrir qui on est, et choisir d’évoluer dans la direction qui nous plait, sans l’influence – voire le formatage – dans lesquels on baigne depuis tout gamin. On aime partager cette idée que voir la vie à travers des yeux d’enfant peut paraître naïf mais c’est aussi plus coloré, sincère et spontané. Singularité assumée.

Le cœur, c’est ce qui nous a fait quitter nos jobs, croire en notre projet, notre passion, même si auprès de nos familles, nos amis, ou nos collègues de travail, ce choix pouvait paraître irresponsable. Pour nous, suivre son instinct c’est comme suivre son cœur, pour un seul et même but: se sentir vivant. Voilà notre symbolique d’un cœur sauvage. Et nous, ce qu’on souhaite le plus, c’est d’embarquer nos auditeurs dans ce voyage, l’odyssée vers la liberté.

Partager nos morceaux c’est une façon de s’exprimer et toucher les autres. Selon nos moods et notre inspiration, on met l’accent plutôt sur des sentiments, des idées, ou des convictions.

Dans la lignée du morceau MAD, on véhicule une sexualité assumée avec “Sticky Fingers”. “Bad Liar” ou “Oh Man” évoquent le manque et l’addiction (libre à chacun d’interpréter de quelle addiction il s’agit). Notre morceau “Acid Rain” est écologiquement engagé et dénonce à travers la métaphore des pluies acides que l’homme boit son propre poison – morceau bientôt disponible sur toutes les plateformes (petite pub en scred). Tout ça dans une atmosphère chill 🙂

Pouvez-vous nous parler un peu de la scène niçoise ?

Dans la région il y a beaucoup de groupes de covers, dans tous les styles, et certains sont extrêmement talentueux ! Tout ce petit monde prend pas mal de place au final, car il y a plus d’offre que de demande, et il est difficile pour les groupes qui souhaitent apporter de la nouveauté d’être réellement mis en avant. La scène locale commence à se débloquer grâce aux démarches de Panda Event (Crossover), les associations comme Le Local à Cannes, ou encore le nouveau festival La Crème Festival à Villefranche-sur-Mer, qui a connu sa première édition cet été et favorise les groupes locaux pour les premières parties.

Cela dit, il y tout de même quelques artistes au rayonnement (inter)national qui viennent de chez nous, je pense notamment à Nekfeu, M83, The Avener, Møme ou encore Hyphen Hyphen !

(Mason) Si je devais parier sur un nom, ce serait “Le Môme”, un rappeur Niçois, que l’on a connu aux Nuits de Vence, ce jeune est à surveiller de près ! On joue d’ailleurs avec lui à la Maison de l’Étudiant à Nice ce jeudi 🙂

On a hâte d’écouter encore plus de titres, quels sont vos futurs projets ?

On vient de sortir notre morceau MAD sur les plateformes de musique (Spotify, Deezer, Apple Music, etc…), on prévoit de vous sortir notre morceau Acid Rain avec un clip pro fin Octobre! S’en suivra un EP, mais pour ça on a besoin d’un maximum d’écoutes ! Notre plus grand dilemme maintenant c’est de sélectionner parmi nos morceaux quels titres on va vous partager! A très vite 🙂

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