June 2019

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Elio, il y a plus d’une manière de devenir humoriste!

Elio humoriste entrepreneur a fondé son propre comedy show sur Paris. Découvre comment il a réussi à accomplir son rêve d’enfance.

Salut Elio, que dis-tu de commencer par te présenter en quelques mots?
Comme tu l’as si bien dit, moi c’est Elio, et non pas Eliott comme souvent on a l’habitude de me faire la remarque ahah. J’ai 23 ans. Je suis d’origine franco libanaise et j’ai débuté le stand-up il y a tout juste 3 mois.
Lorsqu’on s’est rencontré, tu nous as dit que tu venais d’école de commerce.

Comment as-tu fait la transition jusqu’au Stand-Up ? Et comment as-tu connu le Stand-Up?
En école primaire en participant à la pièce de théâtre annuelle pour la présenter à la fin à nos parents. Ça m’amusait beaucoup de jouer des rôles mais je ne connaissais pas encore le stand-up.
Arrivé au collège, je commençais à regarder plusieurs one man/woman show avec mes cousines. Je rêvais de faire comme eux. On essayait de reproduire les sketchs vus à la télé devant nos parents. On leur disait “si on arrive à vous faire rire, on peut rester encore un peu plus”.
C’était à un spectacle de fin d’année en seconde au lycée que j’ai eu le déclic. On m’a proposé de jouer un second rôle pendant un sketch dans un centre culturel, la salle était pleine, environ 250 personnes. Les premiers mots étaient compliqués, une voix d’adolescent prépubère et un stress énorme.. Arrive la fin du sketch, et quand tu vois des personnes applaudir avec le sourire, tu as une sensation et une voix en toi qui te dit “mais oui c’est ça, c’est ce que je veux faire plus tard”. Tu es sur un petit nuage, et là, tu es rattrapé par la réalité de la vie..
Depuis le collège, le stand-up est dans un coin de ma tête mais ce n’était pas en adéquation avec l’éducation à la libanaise qui prône énormément les études et les diplômes. J’ai donc suivi ce chemin des études supérieures en faisant une école de commerce tout en gardant le stand-up en tête.
Après différentes expériences, je n’arrivais plus à supporter le train de vie “métro boulot dodo”. Je me suis dit “Elio tu as 23 ans, c’est le moment ou jamais”. Aujourd’hui, en 2019, avec la place des réseaux sociaux dans notre société, il y a énormément d’humoristes et de comédiens, il faut se différencier. Il faut mettre en place des stratégies de communication, en considérant différentes approches marketing et surtout avoir un sens de l’observation et de l’analyse : ce que j’ai appris dans mes études et dans le monde professionnel.

Aurais-tu quelques noms de comédiens et artistes qui ont influencé ton écriture et ta performance?
Vous. Vous êtes tous des artistes sur cette planète. Tous, une source d’inspiration pour n’importe quel humoriste.
Charlie Chaplin pour sa capacité à pouvoir faire rire sans parler. Gad Elmaleh et Jamel Debbouze pour leur présence scénique et leur jeu d’acteur.
Thomas Ngijol, Fary, Jason Brokers, Haroun, Roman Frayssinet, Camille Lellouche, Nadia Roz, Nawell Madani, Blanche Gardin, Shirley Souagnon.. 

Honnêtement je pourrais en citer tellement d’autres.
Il y a aussi d’autres artistes qui ne sont pas des humoristes, mais qui sont source d’inspiration pour leur écriture : Nekfeu et Youssoupha. La nouvelle génération qui arrive, ceux que j’ai eu l’occasion de rencontrer et avec qui j’ai partagé des scènes ouvertes promettent un bel avenir au stand-up. Et là aussi, je pourrais t’en citer énormément.
C’est pourquoi je vous invite tous à venir voir les scènes ouvertes, les nouveaux plateaux qui se développent, des futurs grands noms du stand-up sont en train d’éclore.

Niveau humour, t’es plutôt Pierre Desproges ou Jean-Marie Bigard?
Alors deux grands monsieurs, avec de très belles carrières dans ce milieu là. Deux artistes qui prônent chacun un humour plus ou moins différent. Un humour assez noir avec une plume particulière pour le premier et le deuxième un humour plus tranchant et très direct.
Je pense que je me rapproche un peu plus de Desproges (bien que l’égaler n’est pas possible), avec de temps en temps une Bigard touch, un message est clair et on se rappellera de vous.

Tu nous as aussi parlé du Pigalle Comedy Show qui est une initiative que tu as commencé il y a peu.

Peux-tu nous en parler plus en détail ?
Un mois après avoir commencé le stand-up, j’ai remarqué qu’à Paris de plus en plus de Comedy Clubs se développent et j’ai tout simplement voulu avoir mon plateau. C’est une manière pour moi d’entrer dans ce milieu par une autre porte. Le concept est d’inviter 6 à 8 humoristes (de débutants, confirmés à professionnels). Pendant 1h environ, on se succède et on essaye de vous faire rire un maximum.
Le petit plus que j’ai voulu rajouter, c’est qu’au Pigalle Comedy Show, l’artiste est au milieu du public et non pas devant. Cela permet de créer une vraie proximité et c’est un sacré exercice pour les humoristes. Le plateau est souvent suivi d’un aftershow (dédicace aux after-works d’entreprise). Nous sommes en train de penser à d’autres activités que l’on mettra en place à la rentrée.

Quels sont tes projets pour l’avenir?
Des projets tu peux en avoir des millions, des idées, tu en as tellement qui te traversent l’esprit en une journée. 

Mais le plus important selon moi c’est de se fixer des objectifs et de les atteindre. 

Du coup, oui j’ai des projets pour l’avenir, mais là je me concentre sur mes objectifs. 

Une fois que j’en ai atteint un, je mets en place le projet qui est lié, et ainsi de suite.

Mais je peux déjà te dire que nous sommes en train de travailler sur la dixième édition du Pigalle Comedy Show, un projet avec lequel je compte marquer le coup. (Petite dédicace à Anne qui m’aide pour ce plateau et à Jenny qui s’occupe de la communication). 

Getting MAD in Beirut this summer!

Summer In Lebanon
Summer has knocked on Lebanese doors way sooner than intended this year, with high temperatures kicking in since mid April. For some people, this news does not mean anything. For others, it means something great: More. Summer. Events.

Lebanon is known for its highly acclaimed nightlife, which is not only centered in the capital Beirut but is highly eminent all throughout different areas as well; from beach parties in the south to rooftop sessions in the north, the Lebanese do not hold back when it comes to mixing talent and fun.

What About MAD?
With our growing repertoire of artists in Music, Arts and Design, we have decided to jump on the party wagon and make the best of the Lebanese summer in our MAD way.

If you’re already a part of the MAD community, get ready; if you’re not, sign up! You don’t want to miss this!

MAD Sessions: What Are They?
Growing on the name, MAD, the sessions will host artists from different categories for one night full of music, art, design and most importantly, fun. These independent events will be hosted in different locations with a new set of artists each time.

And What To Expect?
Sessions will hopefully be held at least once every couple of months, with the first kicking off sooner than you’d think! Care to take a guess as to when we’re hosting our FIRST MAD Session?

As a community, our biggest aims are to support artists through their journeys as well as create a unison of support between all artists. In brief, we not only want to bring these artists together for the people, we want them to grow together.

The concept of mixing different types of art in one event puts the focus on not only one type of art, but many, therefore allowing attendees to explore new artists during each event.

Missed one? There will always be another.

James Purpura, peintre synesthète

Peintre américain synesthète, James Purpura est autodidacte. Peignant depuis 2003, il se qualifie comme coloriste, et souhaite inspirer les gens par une peinture parfois abstraite afin de développer leur imagination.
Il est aujourd’hui situé au 59 Rivoli où il y expose ses peintures.

Peux-tu te présenter en quelques mots s’il te plait?

Je suis né aux États-Unis, dans l’Ohio, et j’ai vécu à Seattle et Los Angeles. J’ai fait beaucoup de voyages en traversant le pays en voiture, et je préfère le désert, là où il n’y a rien, personne, un grand vide. Je vis à Paris depuis une quinzaine d’années et aussi j’ai fait pas mal de voyages en France et dans d’autres pays d’Europe. J’aime bien les îles de la Bretagne.

Quand et comment t’es-tu mis à la peinture ? Es-tu autodidacte ou as-tu suivies des études d’art?

En 1999 j’ai fait un rêve, et ce rêve a eu lieu dans le désert, et tout était bleu… le ciel, l’air, j’étais entouré par ce bleu infini… Pendant 5 ans ce bleu était un peu coincé dans ma tête, et un jour en 2003 je me promenais à Seattle et je me suis trouvé devant un magasin consacré aux beaux-arts. Je suis entré pour acheter les choses nécessaires pour recréer ce bleu, et ainsi ma première toile s’intitule “Rêve bleu”.

Je n’avais jamais suivi de cours d’art ni d’histoire de l’art, je suis vraiment autodidacte. La première peinture était un peu intimidante. Mais chaque tableau est un jeu de couleurs. Je suis un coloriste.

Quand t’es-tu rendu compte que tu étais un synesthète?

J’étais en train de réaliser “Rêve bleu” et j’étais bien coincé, donc j’ai dû m’arrêter, prendre une pause. Un jour j’ai mis le “Boléro” de Ravel, et en écoutant ce morceau j’ai vu les images, les couleurs, le mouvement. J’ai repris la toile, et grâce à ce morceau j’ai pu la terminer. J’ai utilisé ce morceau pour la toile suivante et pour encore d’autres, et au bout d’un moment j’ai osé essayer d’autres morceaux de musique. Après quelques années j’ai appris qu’il y avait un nom spécifique pour qualifier ce phénomène : la synesthésie.

Ainsi, tu peins la musique. As-tu une musique qui t’as particulièrement inspiré, une sorte de muse musicale?

Je suis assez éclectique, j’écoute aussi bien Ravel, Debussy, Philip Glass et Alexandre Desplat que certains morceaux de pop de Madonna, Britney Spears et de la musique dance (“Belfast” de Orbital, par exemple).

Par simple curiosité personnelle : Quel genre musical préfères-tu ? Et lequel te définirait le mieux?

Je n’ai pas de préférence particulière, ça dépend de mon humeur, du genre de peinture que j’ai envie de créer selon l’énergie dégagée par la musique. En tout cas j’ai besoin de musique qui manifeste une profondeur, une certaine intelligence, des thèmes, et des motifs forts.

Quelle est ta démarche artistique ? Ton processus de peinture et ton but?

J’ai eu depuis toute ma vie une vision créative, une imagination très forte. J’imagine des histoires et si des gens me demandent qui les a imaginées, je leur réponds que c’est moi. Mon but est de retranscrire ma vision créative et imaginative sur toile, d’oser, de laisser dialoguer les couleurs sur la toile et de créer une histoire au-delà de ce qu’on voit tout de suite. Toutes sortes de thèmes s’adaptent à ce jeu, soit les paysages, soit l’abstrait, soit un mélange des deux… Inspiré aussi par la lumière et par mes propres voyages, mon but est d’inspirer les gens, de les inciter à penser autrement, et de stimuler leur imagination…

Quels sont tes futurs projets?

Je travaille sur quelques commandes actuellement, et j’aimerais créer un livre de mon art. Je voudrais réaliser un grand projet artistique pour que plus de monde puisse découvrir mon travail.

Harissa, une exploration musicale entraînante et colorée du Jazz au Klezmer

Harissa, mélange tous les genre. Le quatuor s’ancre d’abord dans le Jazz pour ensuite dériver vers une composition personnelle et puissante s’inspirant autant de hip hop, de rock, de musique Klezmer, d’afro beat ou encore de disco.

Influencés par les plus grands comme Ibrahim Malouf, les Red Hot Chili Peppers ou encore Marcus Miller, ils nous emmènent dans un univers dansant et coloré.

En une phrase, le but d’Harissa “est de voir le public danser et être emporté par notre musique, de le voir oublier les soucis du quotidien et sourire avec nous”.

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques phrases?

Bonjour ! Nous sommes Harissa, une formation groove/jazz/hop instrumentale basée dans l’Est parisien. Mickaël est au claviers, Adrien à la batterie, Francisco à la trompette et Valentin à la basse.

Comment vous êtes-vous rencontré?

Le noyau dur du groupe s’est rencontré en ligne, grâce à un forum de musiciens. Puis notre propre réseau d’amis a fait le reste.

Quel est votre processus de création et quel est votre message?

Généralement, c’est Mickaël qui propose des idées de grilles d’accords et mélodies en répète, puis chacun suggère des évolutions, ajoute sa touche. Francisco aime peaufiner les mélodies, intégrer des atmosphères pour mettre en valeur des parties d’improvisation, mais aussi caler ici et là des phrases tirées d’autres morceaux connus (ex: la cucaracha !). Valentin et Adrien adorent insérer ici et là des rythmes et mises en places inspirés d’autres styles qu’ils affectionnent, comme par exemple: disco, zouk, swing, hip hop, afro beat, rock, voire punk rock !

Nos morceaux sont instrumentaux, donc aucun message ne passe de manière explicite quand on écoute notre musique. En revanche, j’aime penser que nos compositions et notre manière de les interpréter transpirent plusieurs valeurs qui sont importantes pour nous: l’ouverture d’esprit, l’écoute des autres, la liberté, le plaisir de partager, et aussi prendre un peu de recul de temps en temps, pour mieux avancer ensuite !

Vous avez une grande variété d’influences musicales, quels sont les artistes qui vont ont le plus marqué?

On est évidemment pas tous fans individuellement de chacun de ces artistes, mais certain.e.s reconnaîtront des influences de Snarky Puppy, Marcus Miller, Ibrahim Maalouf, Avishai Cohen, Kamasi Washington, des Red Hot Chili Peppers, mais aussi de musiques Klezmer, et même de “dream techno” des années 90.

Vous avez sorti un EP “Karabana” fin 2018. Pouvez-vous nous parler de son histoire en quelques mots?

On a sorti Karabana pour faire découvrir notre musique sur toutes les plateformes d’écoute et nous aider à trouver des opportunités de partager notre répertoire en live. On a fait exprès de choisir 3 morceaux très différents pour montrer la diversité de nos influences, pour donner un échantillon large des émotions qu’on aime exprimer au travers de nos composition:

  • “Tierra” est le premier morceau qu’on a diffusé. Coloré et festif, c’est devenu l’hymne d’Harissa en concert.
  • Ensuite, “Yemenite Dance” est une ballade un poil moins directe, plus introspective. Son thème est facile à retenir et chanter, sans pour autant être prévisible.
  • Enfin, au delà du jeu de mot, “Tribal Pursuit” est un parti-pris artistique qu’on a posé en fin d’album pour conclure en suscitant la surprise et la curiosité: on y mêle des sons de synthés inspirés de musique électronique avec des rythmes tribaux démocratisés par le groupe de thrash metal Sepultura. C’est au final un morceau très dynamique qui pourra plaire à un large spectre de sensibilités musicales, au delà des fans de fusion jazz.

Que pensez-vous de la scène musicale actuelle ? Comment la percevez-vous?

On s’enrichit beaucoup de la nouvelle scène jazz, très métissée, parfois accessible, parfois plus complexe.

A côté de ça, on s’amuse beaucoup (parfois en riant jaune) à caricaturer les tendances des artistes les plus populaires en France aujourd’hui: rythmes hip-hop hyper lourds, l’auto-tune poussé à fond, les paroles crues et parfois cryptiques qui plaisent à un public large malgré la violence, la misogynie et les clichés qui sont souvent employés. Il faut de tout pour faire un monde, et on est servis de plus en plus richement !

En bref, on aime bien repérer des idées qui nous plaisent et/ou nous amusent, quels que soient les styles. L’enjeu pour nous est de se faire une place dans l’attention très encombrée du public, en proposant une musique rafraîchissante tout en incorporant des composantes plus familières. Mais surtout : en partageant notre bonne humeur avec le public, en toute sincérité et simplicité.

Quels sont vos projets pour l’avenir?

On ambitionne de sortir un album cet hiver, avec quelques morceaux qu’on a composé et testé en live depuis la sortie de “Karabana”.

Mais ce qui nous motive le plus, c’est de trouver de belles occasions de partager notre musique sur scène. Notre plus grand bonheur est de voir le public danser et être emporté par notre musique, de le voir oublier les soucis du quotidien et sourire avec nous.

Arma Gee : Un rock psyché et tripant parisien

Groupe de rock parisien aux ondes psychées et aériennes et aux influences folk, électro, ou encore reggae, ARMA GEE propose un rock vibrant, touchant et mélodieux.
Le quatuor a sorti son premier album “Filigrane” en mars 2019, on vous conseille “Velvet girl” et “Dernière lettre”.
Découvre leur rencontre, leur univers et leurs projets.

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Salut ! Je m’appelle Arnaud et suis le guitariste/chanteur du groupe. En 2016, je me suis lancé dans l’autoproduction de mon premier album intitulé “Filigrane”. J’ai fait appel à mon ami Benoît (actuel bassiste du groupe) pour réaliser les parties basse des morceaux. Deux ans et demi plus tard et après beaucoup d’efforts, j’ai sorti ce premier album sous le pseudonyme “ARMA GEE” !

Comment et quand vous êtes-vous rencontrés ?
J’ai rencontré Benoît en arrivant sur Paris en 2009. J’avais candidaté à une annonce que son groupe avait posté et je les ai rejoint comme guitariste. Comme nous avions bien accroché, nous avons ensuite fondé avec un de ses amis d’enfance le groupe “Old Trip”, groupe de rock/hip hop fusion avec lequel nous avons sorti un EP et avons fait pas mal de concerts sur Paris. Tristan (batterie) et Léo (guitare/clavier) nous ont rejoint en octobre 2018 avec la perspective de jouer l’album “Filigrane” sur scène. Depuis, nous répétons très régulièrement tous les quatre et nous avons fait notre première scène (“release party”) à La Boule Noire fin mars 2019 (concert sold out). Nous nous entendons super bien et avons pas mal de projets pour la suite !

Que faisiez-vous avant d’être musiciens ?
Pour ma part, j’ai toujours été un peu musicien, en filigrane…! Si nous sommes très investis dans ce projet, nous ne sommes pas musiciens à plein temps et avons tous un job à côté. J’aime personnellement cette situation car elle me permet de m’ouvrir à d’autres cercles, et j’aime avoir des journées bien remplies !

Comment décririez-vous votre univers ?
Les morceaux ont globalement tous une base rock. Néanmoins certains morceaux sont teintés de couleurs folk, électro, ou encore reggae. Les guitares sont assez présentes et je leur donne souvent un côté “aérien” voire “psyché” sur les lignes mélodiques en jouant sur les effets.
L’album explore ainsi pas mal de styles différents mais je pense qu’il garde néanmoins une certaine identité sonore. Mon approche de l’écriture reste centrée sur la recherche de mélodies accrocheuses et qui me touchent.
Les paroles sont écrites en français et en anglais.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?
En me lançant dans l’écriture de cet album en 2016, je ne me doutais pas de l’importance du travail qu’allait comporter ce projet! C’est très formateur. Nous avons franchi beaucoup d’étapes ces deux dernières années mais il nous reste encore beaucoup à faire.
En 2019, nos principaux objectifs sont de développer la visibilité du groupe en multipliant les dates de concerts et en étant présent sur les réseaux sociaux.
Nous avons également récemment signé un contrat avec une agence de presse pour nous aider à promouvoir l’album auprès des médias (radios, presse, etc).

Si vous aviez grandi dans un monde idéal, quels auraient pu être vos jobs respectifs ?
Arnaud:
J’aurais pu travailler comme ingénieur du son ou compositeur car j’adore bidouiller le son ! J’ai aussi une admiration pour les grands compositeurs classiques des siècles passés. Ils se devaient d’avoir à la fois des connaissances très théoriques pour écrire la musique pour plusieurs instruments (se rapprochant des maths) mais être également capable de ressentir le rythme, la mélodie, l’harmonie pour composer une oeuvre brillante. Le corps et l’esprit.

Benoît:
Dans un monde “idéal”, le travail ne serait pas une fin en soi. Je prendrais donc les plaisirs de la vie comme ils viennent !

Léo:
Dans un monde idéal, j’aurais travaillé pour le guide du routard et testé des auberges de jeunesse en Colombie et des yourtes en Mongolie !

Tristan:
Les sensations m’ont toujours attirées, très tôt je voulais devenir pilote de chasse ou basketteur pro en NBA !

Enfin, avez-vous quelques mots à dire sur l’état de la scène musicale aujourd’hui et la manière dont vous la percevez ?
Benoît:
Je trouve qu’elle n’est pas assez diversifiée ! On entend toujours les mêmes artistes. J’aimerais plus de nuances, moins de matraquage.

Léo:
Il y a une offre musicale infinie. On s’y perd parfois. Dommage que les artistes les plus reconnus soient aussi souvent les moins audacieux.

Tristan:
Pour moi la “vraie musique”, c’est avant tout une scène, des instruments et des musiciens. Aujourd’hui, on a trop de musique électronique pré enregistrée un peu fade, cela occupe trop de place dans la scène actuelle.

Arnaud :
le développement de la technologie a rendu accessible à beaucoup de gens la production musicale ces dernières années. L’effet est qu’il y a effectivement une offre musicale pléthorique. De nos jours, les compositions ne sont plus le fruit d’une jam entre copains mais de boucles issues d’un logiciel. Les mélodies, le rythme proviennent d’algorithmes. J’aime la musique mélodique et je trouve que ce que l’on entend à la radio est assez stéréotypé et tend à s’uniformiser.   

JML & JML : un mélange audacieux d’art et technologie

Pourriez-vous vous présenter?
JML (José Man Lius):
Je viens du milieu des pratiques expérimentales de l’Art contemporain.  Je suis un artiste plasticien qui se réapproprie les traditions de cultures ancestrales pour révéler de nouveaux sens. Ma pratique s’inscrit dans plusieurs mouvements artistiques, du bio art à l’art conceptuel. J’utilise la photographie, la performance, la vidéo et l’installation.
JML (Jean-Marie Lavallée):
Je suis compositeur de musique, et par passion inventeur et développeur d’intelligence artificielle musicale. J’ai inventé le concept YIM (Your Interactive Music) qui révolutionne notre façon d’aborder l’expression musicale ! C’est un procédé breveté qui permet de partager la composition musicale avec l’auditeur. Pour mener à bien ce projet, j’ai longuement étudié la manière de traduire des concepts compositionnels en algorithmes informatiques. J’ai également fait des recherches sur l’ergonomie et le design, notamment comment un objet peut provoquer un mouvement qui créera une mélodie en faisant appel à l’intuition de l’utilisateur ?
JML et JML:
Notre rencontre donne lieu au tandem « JML & JML. Interactive installations & Music ».

Quand vous êtes-vous rencontrés et quel fut votre premier projet ensemble?
JML (José Man Lius):
On ne se rencontre jamais par hasard. JML & JML, c’est la rencontre improbable entre l’Europe Centrale et les Caraïbes sous le prisme de l’exception culturelle française. De ces différences naît un langage esthétique en perpétuel devenir. Au-delà de nos initiales et de nos grandes tailles, notre mental fonctionne sur un même schéma ouvert au monde. Un sens de l’analyse, un goût pour la recherche scientifique hors cadre, une imagination sans limite qui nous conduisent à explorer de nouvelles pistes numériques utilisant l’immersion sensorielle,  l’interactivité, l’intelligence artificielle, le son comme médium.

 

  • C’est seulement un imaginaire du monde, c’est-à-dire une conception de la mondialité, qui nous permettra de lutter contre les aspects négatifs de la mondialisation. Je crois qu’il faut adopter le principe : agis dans ton lieu, pense avec le monde. C’est cela la mondialité. Une politique du monde qui s’oppose aux aspects négatifs de la mondialisation.  Edouard Glissant

 

JML (José Man Lius):
Barbara Marshall (écrivaine, auteure de pièces de théâtre et des recueils de nouvelles La couleur interdite et Secrets et turbulences), cousine de JML (Jean-Marie Lavallée)  nous a mis en relation en 2018. Après l’expérience de l’installation interactive Lyrique LUX VOCE CORPORE, présentée au festival d’Art numérique Vidéoformes à Clermont en 2015, je cherchais  un dialogue avec un artiste programmeur. Jean-Marie m’a invité à son studio d’enregistrement sonore et j’ai découvert un univers ouvert sur l’héritage des cultures musicales du monde et les innovations technologiques. J’ai expérimenté l’œuvre musicale interactive YIM et j’ai senti en moi le poids d’années de solfège s’évaporer devant cette intelligence artificielle qui me permettait de m’immiscer dans une composition musicale et de la manipuler, de la transformer de façon intuitive. J’avais l’impression d’être le nouveau chef d’orchestre de l’opéra Bastille. YIM est un dispositif et procédé breveté de musique interactive. La vocation de YIM est de confronter l’auditeur à une expérience musicale interactive, évolutive et infinie, matérialisée par un dispositif intégrant différents capteurs permettant d’analyser les distances et les mouvements, puis de les transformer en une musique harmonieuse, et enfin, de les restituer en temps réel. YIM  est destiné à toutes sortes d’utilisateurs, de tous âges !

Dans un jeu d’aller-retour, nous avons collaboré sur le projet LA CHOSE 01  présenté à la fondation La Ruche Seydoux en 2019. La Chose évoque les connexions cérébrales. Elle génère toute une variété de sensations en fonction de la personne et de l’angle que l’on décide d’explorer. Tout comme dans la vie, elle contient toutes sortes d’inventions. La Chose nous parle de choix, de désir, de rencontre.

 

  • « les artistes comme producteurs importants de nos réalités futures ».  Hans Ulrich Obrist

 

JML (Jean-Marie Lavallée):
Ce fut une expérience passionnante que d’échanger avec José sur le sens de l’interactivité, d’apporter mon expérience et mes compétences techniques, d’aller au-delà de mes recherches concernant une intelligence artificielle musicale en adaptant mon expertise à la réalisation d’un projet sculptural. J’ai constaté que nous étions très complémentaires : sur le plan communication (ou je suis carrément nul !) sur les plans technique et ergonomique (que j’ai longuement étudiés et testés) et enfin sur le plan artistique (ou José a de très grandes connaissances et compétences).

Selon vous, qu’apporte l’interactivité du public dans l’art ?
JML (José Man Lius):

 

  • « une œuvre peut fonctionner comme un dispositif relationnel comportant un certain degré d’aléatoire, une machine à provoquer des rencontres individuelles ou collectives. » Nicolas Bourriaud

 

Notre démarche artistique commune crée du lien — un lien sensoriel, esthétique, sociale, affectif entre l’œuvre et le public qui peut regarder — toucher — générer du son ou du mouvement — restituer une expérience — apprendre. La liberté, l’intuition, l’erreur, l’imprévu, l’aléatoire font partie de notre processus de création.

Les technologies numériques et les médias interactifs contribuent en effet à remettre en question les notions traditionnelles d’œuvre d’art, de public et d’artiste. L’artiste n’est plus l’unique créateur d’une œuvre, mais souvent le médiateur ou l’animateur des interactions entre le public et celle-ci. Le processus de création lui-même est souvent le fruit de collaborations complexes entre un artiste et une équipe de programmeurs, d’ingénieurs, de scientifiques et de designers graphiques. Un certain nombre d’artistes numériques ont eux-mêmes suivi une formation en ingénierie. Le médium numérique pose en outre divers problèmes au monde de l’art traditionnel : lieu d’exposition, collection, vente, conservation…

Pensez-vous que rendre le spectateur acteur modifie sa compréhension et son appréciation de l’œuvre?
JML (José Man Lius):

 

  • « Les comportements du spectateur sont les enjeux de l’art contemporain ». Marion Viollet

 

L’art interactif a déplacé les limites de l’Art. Avec les nouvelles technologies, il est devenu un art de l’échange, du flux et de l’évènement. Le spectateur devient acteur et l’œuvre expérience. La notion de représentation, de dessin et de couleur laisse place à un nouveau comportement : Il s’agit dorénavant de vivre une expérience. Avec les technologies contemporaines, l’art est passé de la représentation du vivant à la représentation des comportements du vivant. L’image est toujours présente mais elle n’est plus l’objectif de l’œuvre. L’image laisse place à une interface qui permet une expérience sensorielle à vivre et à manipuler. L’intuition et le libre arbitre permettent de saisir le fonctionnement, la « notice » de l’œuvre. Le spectateur n’est pas seulement un interprète, il décide d’agir sur une partie de l’œuvre et parcourt un programme qui influence de manière aléatoire ce qui se produira à l’écran ou dans le mouvement.

JML (Jean-Marie Lavallée):
Au delà de l’aspect ludique, l’interactivité permet l‘échange affectif en brisant les barrières de la connaissance ou de la pratique savante d’un art. Dans le cas de notre travail commun, la forme interactive « La Chose », le public s’amuse à transformer cette réalisation plastique, dans le cas de YIM, plusieurs fois, j’ai constaté un impact hyper puissant auprès des utilisateurs : Une femme tombe en larmes après avoir réaliser un rêve d’enfant qui lui semblait impossible : créer de la musique ! J’ai également testé un de mes appareils auprès d’une personne atteinte de la maladie  de Charcot. Prisonnière de son corps, elle n’avait plus que la possibilité de s’exprimer avec d’infimes mouvements d’un doigt. En adaptant la sensibilité de YIM à des mouvements très courts, elle a pu avoir accès à la création, à l’expression musicale. Ces moments de partage ont été très très puissants ! Dans des cas moins extrêmes, ces échanges procurent de nouvelles sensations qui enrichissent émotionnellement les spectateurs/acteurs et nous-même, par ricochet.

Quels sont vos prochains projets ensemble?
JML (Jean-Marie Lavallée):
Nous préparons YIO (Your Interactive Orchestra) l’installation interactive et sonore qui est la version multi-utilisateurs de YIM. Le concept de l’œuvre est l’orchestre interactif. Cette installation d’un nouveau genre est composée de 8 à 32 totems disposés au centre d’une pièce. 8 à 32 visiteurs/utilisateurs forment une ronde. Leurs mouvements, leurs gestes intuitifs, sont transformés en musique.
JML (José Man Lius):
YIO promet une belle expérience pluri-utilisateurs. Nous préparons également de nouvelles expériences visuelles ou sonores : YIV (Your Interactive Vidéo),  un miroir interactif, des structures expérimentales…